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Conditions générales de vente (CGV) entre professionnels : quelles clauses prévoir ?

Les conditions générales de vente, souvent appelées CGV, encadrent la relation commerciale entre un vendeur ou prestataire et ses clients professionnels. Elles permettent de fixer les règles applicables aux commandes, aux paiements, aux livraisons, aux garanties ou encore aux litiges.

Entre professionnels, les CGV jouent un rôle important. Elles évitent les malentendus et protègent l’entreprise en cas de désaccord avec un client. Elles doivent donc être rédigées avec précision et adaptées à l’activité concernée.

  1. À quoi servent les CGV entre professionnels ?
  2. Les CGV sont-elles obligatoires entre professionnels ?
  3. La clause d’identification de l’entreprise
  4. La clause relative aux produits ou prestations
  5. La clause de prix
  6. La clause de commande
  7. La clause de paiement
  8. Les pénalités de retard
  9. La clause de livraison ou d’exécution
  10. La clause de transfert de propriété et de risques
  11. La clause de réserve de propriété
  12. La clause de réclamation
  13. La clause de garantie
  14. La clause de responsabilité
  15. La clause de force majeure
  16. La clause de propriété intellectuelle
  17. La clause de confidentialité
  18. La clause sur les données personnelles
  19. La clause de résiliation
  20. La clause de règlement des litiges
  21. Adapter les CGV à l’activité réelle
  22. Les erreurs fréquentes à éviter
  23. Conclusion

À quoi servent les CGV entre professionnels ?

Les CGV définissent les conditions dans lesquelles une entreprise vend ses produits ou réalise ses prestations.

Elles permettent notamment de préciser :

  • les modalités de commande ;
  • les prix applicables ;
  • les délais de paiement ;
  • les pénalités en cas de retard ;
  • les conditions de livraison ;
  • les garanties ;
  • les limites de responsabilité ;
  • les règles applicables en cas de litige.

En pratique, elles servent de cadre de référence. Lorsqu’un client professionnel passe commande, les CGV permettent de savoir quelles règles s’appliquent.

Elles sécurisent donc la relation commerciale et réduisent les risques de contestation.

Les CGV sont-elles obligatoires entre professionnels ?

Une entreprise n’est pas toujours obligée de rédiger spontanément des CGV. Toutefois, lorsqu’elle en établit, elle doit pouvoir les communiquer à tout acheteur professionnel qui en fait la demande.

Cette règle concerne les entreprises qui exercent une activité de production, de distribution ou de service.

En pratique, il reste fortement conseillé d’avoir des CGV écrites. Même lorsqu’elles ne sont pas demandées immédiatement, elles permettent de prouver les conditions applicables à la vente ou à la prestation.

Pour une entreprise qui vend régulièrement à d’autres professionnels, l’absence de CGV peut créer une insécurité.

La clause d’identification de l’entreprise

Les CGV doivent permettre d’identifier clairement l’entreprise qui vend ou fournit la prestation.

Il faut donc indiquer les informations essentielles :

  • la dénomination sociale ;
  • la forme juridique ;
  • l’adresse du siège social ;
  • le numéro Siren ou Siret ;
  • le capital social ;
  • les coordonnées de contact ;
  • le numéro de TVA intracommunautaire, si nécessaire.

Cette clause peut sembler simple. Pourtant, elle donne un cadre clair au client et évite les confusions, surtout lorsque l’entreprise appartient à un groupe ou exploite plusieurs marques commerciales.

La clause relative aux produits ou prestations

Les CGV doivent décrire le champ d’application des ventes ou prestations concernées.

Il faut expliquer à quels produits, services ou commandes elles s’appliquent. Cette clause permet d’éviter qu’un client tente d’appliquer les CGV à une situation qui n’était pas prévue. Par exemple, une entreprise peut distinguer les ventes de marchandises, les prestations de conseil, les abonnements ou les contrats sur mesure.

Cette précision reste particulièrement importante lorsque l’entreprise exerce plusieurs activités.

La clause de prix

Le prix constitue un élément central des CGV.

La clause doit préciser comment les prix sont déterminés. Il peut s’agir d’un tarif fixe, d’un barème, d’un devis, d’un abonnement ou d’une tarification selon le volume commandé. Elle peut aussi indiquer si les prix sont exprimés hors taxes ou toutes taxes comprises. Entre professionnels, les prix sont souvent présentés hors taxes.

Il faut également prévoir les éventuelles réductions de prix. Par exemple, une remise peut dépendre du volume commandé, de la fidélité du client ou d’une opération commerciale spécifique.

Une clause de prix claire évite les discussions au moment de la facturation.

La clause de commande

Les CGV doivent expliquer comment le client passe commande.

La clause peut prévoir les étapes suivantes :

  • demande de devis ;
  • validation écrite ;
  • signature d’un bon de commande ;
  • paiement d’un acompte ;
  • confirmation par email ;
  • lancement de la prestation ou préparation de la livraison.

Cette clause permet de déterminer à quel moment le client s’engage réellement. Par exemple, une entreprise peut prévoir que la commande devient ferme uniquement après signature du devis et paiement de l’acompte.

Cela évite qu’un client conteste ensuite son engagement.

La clause de paiement

La clause de paiement doit préciser les conditions de règlement.

Elle indique notamment :

  • le délai de paiement ;
  • les moyens de paiement acceptés ;
  • les éventuels acomptes ;
  • les échéances en cas de paiement fractionné ;
  • les conséquences d’un retard.

Cette clause doit être rédigée avec attention. Les délais de paiement entre professionnels sont encadrés. Une entreprise ne peut donc pas prévoir librement n’importe quel délai.

En pratique, la clause doit être cohérente avec les factures émises par l’entreprise.

Les pénalités de retard

Les CGV doivent prévoir les conséquences d’un paiement tardif.

La clause doit mentionner le taux des pénalités de retard. Ces pénalités s’appliquent lorsque le client professionnel ne règle pas la facture dans le délai prévu. Il faut aussi prévoir l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement. Elle s’ajoute aux pénalités de retard en cas de retard de paiement.

Cette clause est importante, car elle permet de réagir plus facilement face à un client mauvais payeur. Elle peut aussi avoir un effet préventif. Un client informé des conséquences d’un retard aura davantage intérêt à respecter les échéances.

La clause de livraison ou d’exécution

Lorsque l’entreprise vend des produits, les CGV doivent préciser les conditions de livraison. Il faut notamment indiquer les délais, les frais, le lieu de livraison et les modalités de réception.

Lorsque l’entreprise fournit une prestation de service, il faut plutôt préciser les conditions d’exécution. Par exemple, les CGV peuvent indiquer les délais prévisionnels, les informations à fournir par le client ou les étapes de validation.

Il est important de distinguer les délais fermes des délais indicatifs. Une formulation imprécise peut créer un litige si le client estime que le retard justifie une annulation ou une indemnisation.

La clause de transfert de propriété et de risques

Dans une vente de biens, il faut prévoir le moment où la propriété du produit est transférée au client.

Il faut aussi distinguer le transfert de propriété du transfert des risques. Les risques concernent notamment la perte, le vol ou la détérioration du bien. Par exemple, une entreprise peut prévoir que les risques sont transférés au moment de la remise au transporteur ou à la livraison.

Cette clause permet de savoir qui supporte les conséquences si le produit est abîmé pendant le transport ou après la remise.

La clause de réserve de propriété

La clause de réserve de propriété permet au vendeur de conserver la propriété du bien tant que le client n’a pas payé l’intégralité du prix.

Cette clause protège l’entreprise en cas d’impayé. Si le client ne règle pas la facture, le vendeur peut revendiquer le bien sous certaines conditions. Elle est particulièrement utile pour les ventes de marchandises, de matériel ou de produits coûteux.

Toutefois, elle doit être rédigée clairement et acceptée par le client. Il faut donc l’intégrer dans les CGV de manière visible.

La clause de réclamation

Les CGV doivent organiser les réclamations du client.

La clause peut prévoir un délai pour signaler un problème après la livraison ou l’exécution de la prestation. Elle peut aussi indiquer la forme de la réclamation : email, courrier, photos, justificatifs ou description précise du défaut.

Cette clause évite les contestations tardives. Elle permet aussi à l’entreprise de traiter les problèmes rapidement et de vérifier leur réalité. Il faut toutefois éviter les clauses trop déséquilibrées. Une clause qui empêche presque toute réclamation pourrait être contestée.

La clause de garantie

Les CGV peuvent préciser les garanties applicables.

Pour les produits, il peut s’agir d’une garantie commerciale, d’une garantie liée au fabricant ou d’une garantie prévue par la loi. Pour les prestations de service, la clause peut décrire les engagements de l’entreprise et les limites de son intervention. Il faut éviter les promesses trop larges. Une garantie mal rédigée peut engager l’entreprise au-delà de ce qu’elle avait prévu.

Une bonne clause doit donc être claire, réaliste et adaptée au secteur d’activité.

La clause de responsabilité

La clause de responsabilité permet d’encadrer les conséquences d’un dommage causé au client. Elle peut notamment préciser les types de dommages couverts ou exclus. Elle peut aussi prévoir un plafond d’indemnisation. Par exemple, une entreprise peut limiter sa responsabilité au montant payé par le client pour la commande concernée.

Cette clause doit être rédigée avec prudence. Certaines limitations peuvent être écartées si elles créent un déséquilibre trop important ou si elles contredisent une obligation essentielle du contrat. Il faut donc chercher un équilibre entre protection de l’entreprise et respect des droits du client.

La clause de force majeure

La force majeure vise les événements imprévisibles, extérieurs et irrésistibles qui empêchent l’exécution normale du contrat.

Les CGV peuvent prévoir les conséquences d’un tel événement. Par exemple, elles peuvent organiser la suspension des obligations, le report des délais ou la résiliation du contrat si la situation dure trop longtemps.

Cette clause peut concerner des événements comme une catastrophe naturelle, un blocage important des transports, une panne majeure extérieure à l’entreprise ou certaines décisions administratives. Elle permet d’éviter qu’un retard ou une inexécution soit automatiquement imputé à l’entreprise.

La clause de propriété intellectuelle

Lorsque l’entreprise crée du contenu, des supports, des logiciels, des visuels ou des documents pour ses clients, la propriété intellectuelle doit être encadrée.

La clause doit préciser ce que le client peut utiliser, modifier ou diffuser. Elle doit aussi indiquer si les droits sont transférés au client ou simplement concédés pour un usage déterminé.

Cette clause est essentielle pour les agences, consultants, développeurs, graphistes, formateurs ou prestataires digitaux. Sans précision, un client peut penser qu’il devient automatiquement propriétaire de tous les éléments livrés. Or, ce n’est pas toujours le cas.

La clause de confidentialité

Dans certaines relations commerciales, le client et le fournisseur échangent des informations sensibles. Il peut s’agir de données financières, de méthodes internes, de fichiers clients, de tarifs négociés ou de documents stratégiques.

Une clause de confidentialité permet d’interdire la divulgation de ces informations. Elle peut aussi préciser la durée de l’obligation, les personnes autorisées à accéder aux informations et les sanctions en cas de violation.

Cette clause protège particulièrement les entreprises qui interviennent dans des secteurs concurrentiels ou qui manipulent des données sensibles.

La clause sur les données personnelles

Si l’entreprise traite des données personnelles dans le cadre de ses ventes ou prestations, les CGV doivent être cohérentes avec ses obligations en matière de protection des données.

La clause peut indiquer quelles données sont collectées, pourquoi elles le sont, combien de temps elles sont conservées et comment le client peut exercer ses droits. Pour certaines prestations, un accord spécifique sur le traitement des données peut aussi être nécessaire.

Cette clause ne doit pas être rédigée à la légère. Elle doit correspondre aux pratiques réelles de l’entreprise.

La clause de résiliation

Pour les contrats ponctuels, la résiliation n’est pas toujours un sujet central. En revanche, elle devient importante pour les contrats d’abonnement, les prestations récurrentes ou les contrats-cadres.

La clause doit préciser les conditions de rupture du contrat.

Elle peut notamment prévoir :

  • la durée d’engagement ;
  • le préavis ;
  • les motifs de résiliation ;
  • les conséquences financières ;
  • les obligations restantes après la fin du contrat.

Une clause de résiliation claire évite les conflits lorsque l’une des parties souhaite mettre fin à la relation commerciale.

La clause de règlement des litiges

Les CGV doivent prévoir les règles applicables en cas de désaccord.

La clause peut indiquer le droit applicable, le tribunal compétent ou une tentative préalable de règlement amiable. Entre professionnels, il est fréquent de prévoir une compétence territoriale déterminée. Toutefois, cette clause doit être rédigée clairement et acceptée dans des conditions valables. Il peut aussi être utile de prévoir une étape de discussion ou de médiation avant toute action judiciaire.

Cette clause n’empêche pas les litiges, mais elle permet de mieux les organiser.

Adapter les CGV à l’activité réelle

Une erreur fréquente consiste à utiliser un modèle général trouvé en ligne. Pourtant, les CGV doivent correspondre à l’activité réelle de l’entreprise.

Une société qui vend du matériel n’a pas les mêmes besoins qu’un consultant, une agence web ou un éditeur de logiciel. Il faut donc adapter les clauses au fonctionnement concret de l’entreprise : mode de commande, livraison, paiement, garanties, responsabilité et traitement des réclamations.

Des CGV trop générales protègent mal l’entreprise. Elles peuvent même créer des incohérences avec ses pratiques commerciales.

Les erreurs fréquentes à éviter

La première erreur consiste à oublier les mentions liées au paiement. Les délais, pénalités de retard et frais de recouvrement doivent apparaître clairement.

La deuxième erreur consiste à prévoir des délais de paiement trop longs. Les relations entre professionnels restent encadrées.

La troisième erreur consiste à copier des CGV sans les adapter. Une clause utile pour une boutique en ligne peut être inutile ou dangereuse pour un prestataire de service.

Il faut aussi éviter les clauses trop déséquilibrées. Une entreprise ne peut pas se donner tous les droits et imposer toutes les contraintes à son client.

Enfin, les CGV doivent rester cohérentes avec les devis, factures et contrats. Si chaque document prévoit des règles différentes, le risque de litige augmente.

Conclusion

Les conditions générales de vente entre professionnels permettent de sécuriser la relation commerciale. Elles fixent les règles applicables aux commandes, aux prix, aux paiements, aux livraisons, aux garanties et aux litiges.

Certaines clauses sont essentielles, notamment celles qui concernent le prix, les conditions de règlement, les pénalités de retard et les frais de recouvrement. D’autres clauses doivent être ajoutées selon l’activité de l’entreprise, comme la propriété intellectuelle, la confidentialité, la résiliation ou la responsabilité.

Pour être efficaces, les CGV doivent être claires, complètes et adaptées aux pratiques réelles de l’entreprise. Une rédaction sérieuse permet de limiter les impayés, d’éviter les malentendus et de mieux protéger la société en cas de conflit.


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