Accueil » Actions de préférence : comment les utiliser pour attirer un investisseur sans perdre le contrôle ?

Actions de préférence : comment les utiliser pour attirer un investisseur sans perdre le contrôle ?

Les actions de préférence sont l’un des meilleurs outils pour faire entrer un investisseur sans céder trop de pouvoir. Bien utilisées, elles permettent de séparer le capital économique du contrôle.

  1. Pourquoi sont-elles utiles ?
  2. Les droits à aménager
  3. Garder le contrôle
  4. Le bon équilibre avec l’investisseur
  5. Les précautions juridiques
  6. Quand les utiliser

Pourquoi sont-elles utiles ?

Le principe est simple : vous accordez à l’investisseur des droits spécifiques. Cependant, vous ne lui donnez pas automatiquement les mêmes pouvoirs qu’aux fondateurs. Ainsi, vous pouvez lever des fonds tout en évitant une dilution excessive du pouvoir de vote des associés historiques.

Ce mécanisme convient en particulier aux start-up et aux sociétés en croissance. En effet, elles peuvent financer leur développement sans perdre la main sur leur stratégie.

Les droits à aménager

D’une part, les actions de préférence peuvent prévoir des droits économiques renforcés. Par exemple, elles offrent un dividende prioritaire ou une meilleure protection en cas de liquidation.

D’autre part, elles peuvent inclure des droits de vote limités, voire inexistants. Ainsi, la société fait entrer des capitaux sans diluer le contrôle des fondateurs.

Enfin, elles peuvent intégrer des mécanismes de conversion. Dans ce cas, l’investisseur pourra accéder plus tard à des actions ordinaires si la société performe bien.

Garder le contrôle

Pour conserver la maîtrise de la société, il faut agir sur deux axes : le vote et les décisions réservées.

D’abord, vous pouvez prévoir des actions sans droit de vote ou avec un vote limité. Par exemple, ce vote peut être restreint à certains sujets précis. Ensuite, vous pouvez réserver certaines décisions aux fondateurs. Notamment, il s’agit de la nomination du dirigeant, de la modification des statuts ou encore de la cession d’actifs majeurs. De même, les augmentations de capital futures peuvent être encadrées.

Le bon équilibre avec l’investisseur

En général, l’investisseur recherche surtout une protection de son apport. En revanche, il ne cherche pas forcément le contrôle opérationnel.

Dans ce contexte, les actions de préférence offrent une solution équilibrée. D’un côté, elles permettent une rémunération plus attractive ou une priorité de remboursement. De l’autre, elles maintiennent la gouvernance entre les mains des fondateurs. Ainsi, ce mécanisme est souvent plus efficace qu’une entrée classique au capital. En effet, cette dernière impose un partage immédiat et uniforme du pouvoir de vote.

Les précautions juridiques

Les actions de préférence doivent être prévues clairement dans les statuts. Leur rédaction doit être précise et rigoureuse. En particulier, il faut vérifier les limites légales de répartition des droits de vote. De plus, il faut respecter les contraintes liées à la forme sociale choisie. Sinon, une mauvaise rédaction peut créer des blocages. Elle peut aussi entraîner des conflits entre associés ou rendre la structure difficile à comprendre pour un repreneur.

Quand les utiliser

Les actions de préférence sont particulièrement utiles dans trois situations :

  • d’abord, lors d’une levée de fonds où les fondateurs veulent garder le contrôle ;
  • ensuite, lors de l’entrée d’un investisseur cherchant avant tout une protection financière ;
  • enfin, lorsque la société souhaite distinguer plusieurs catégories d’actionnaires.

En pratique, cet outil est pertinent pour attirer des financements sans perdre le contrôle. Toutefois, l’essentiel reste l’équilibre global. Il faut donc articuler de manière cohérente les droits financiers, les droits de vote et la gouvernance.


Ces articles pourraient aussi vous intéresser :

Augmentation de capital vs compte courant d’associé : que privilégier pour renforcer les fonds propres ?

BSPCE, stock-options, actions gratuites : panorama rapide des outils d’intéressement au capital